
Qui ne connaît l’amour de Pierre Jancou pour les beautés oubliées ?… L’instinctif gentleman tatoué fit déjà décoller la Crémerie (plafond peint sous verre du XIXe) en 2002, et le Passage des Panoramas avec Racines en 2007. Tout récemment, pour faire boy-friend avec Vivant, sa « damoisellerie » gastronomique (céramiques 1900) investie en 2011, le gavroche a pécho le taxiphone d’à côté et l’a classé « cave à manger ». Le résultat fait gendre idéal : mur en marbre blanc, tables en marbre rose, vinothèque en fer forgé, tabourets de Konstantin Grcic, carrelage géométrique halluciné, perco Faema 60’s, trancheuse Berkel 30’s… L’air greffé du temps passé fait avaler l’instant vivant, à table ou au zinc, avec ses chères griffées : mozza di bufala fumée d’Antonio pour faire bouche bée ; pouilly-fumé d’Alexandre Bain pour coucher dans les foins ; boudin noir de Christian Parra, farci à cœur d’un foie gras de Duperier pour flirter dans les herbes d’Annie Bertin… Sur les roses de la porcelaine, les méandres soyeux d’un ventre tiède s’ouvrent à l’AAAAAndouillette de Thierry Daniel et à sa salade froide de pommes de terre. La crème aigrelette au lait cru bouscule le gâteau de Zoé, au chocolat sans farine. De menus plaisirs à prendre, cupidonnés par Arbalète et Coquelicots, le minervois de Jean-Baptiste Senat, ou brutalisé par le gamay d’Auvergne de Patrick Bouju. Vins nature au verre 4-10 €. Entrées 6 à 20 €, plats 16 à 19 €. Droit de bouchon 8 €. //. M.J.-D.
Pour l’adresse, le téléphone et autres infos, voir Vivant Cave.