
C’était un troquet d’angle de type courant, de ces rades qui ne laissent aucun souvenir le lendemain de leur disparition. Charles Compagnon, obsessionnel manager de L’Office (son premier succès situé en face), l’a décharné, écorché jusqu’aux muscles des murs, et fait renaître en néocafé brutaliste. Avec chaises design et canapé en cuir, grands miroirs ovales, bouteilles de spiritueux, pompe à bière, serviettes en tissu et beau percolateur. Accessoires ad hoc pour le café-croissant du matin (blend spécial Brésil-Ethiopie ou cappuccino, à sucrer si l’on veut d’une cuillère de muscovado), le tea-time (crus choisis Terre de Chine), le beer-time (Volcelest et Agent Provocateur à la pression, 4 €, sandwichs, tartines et tortilla) ou le cocktail-time (cucumber slide, kiwi-kiwi… 11 €). Mais aussi et surtout pour le déjeuner et le dîner, à prendre à table ou au comptoir : crème de panais, châtaignes et citronnelle, terrine de volaille ou truite en gravlax (avec un verre de chardonnay du Jura de Labet à 5,50 €) ; saint-jacques et couteaux poêlés, cresson et radis, ou voluptueuse joue de veau et légumes racines chipsés (avec un verre de collines-rhôdaniennes L’Appel des Sereines de Villard à 6 €) ; viril fiore sardo de la fromagerie Tabert (rue Cadet), tarte pomme-coing et citron vert ou gadgetissime cheesecake au cantal jeune, agrumes et spéculos. Bref, une chouette synthèse des marqueurs de modernité (service cool Raoul, barrista au bar…) en milieu faubourien. Entrées 8-9 €, plats 15-18 €, desserts 7 €. // Y.N.
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