
« Avec les fromages de Bordier, un rancio sec ou un bourgogne-chitry ? Et pourquoi pas un cidre Zangs ? » Ou encore : « Le verre de mâcon-chaintré que vous avez pris avec le filet de maigre ira très bien aussi avec le jambon noir de Bigorre. » Qui parle ? Un sommelier oscarisé, un verre-volien à pull camionneur ? Non, une petite ex-juriste à frange qui assure comme une grande la rhétorique (et le service) de sa Machine à coudes, ouverte avec son fiancé « rencontré au club d’œnologie de Boulogne-Billancourt ». Marlène et Thomas, ancien libraire aujourd’hui cuisinier, s’adonnent donc avec une passion juvénile à l’art bistrotier dans ce creux de la Seine jadis fréquenté par les O.S. de la Régie. Le jaja y a gagné en qualité et en naturel, la bectance itou : des salaisons pyrénéennes de Christophe Pardon tranchées à la Berkel et servies avec pain et beurre au piment d’Espelette (Bordier), trois plats et deux desserts, suggérés à l’ardoise avec accords mets-vins au verre… En pratique : un maigre de ligne de Saint-Jean-de-Luz, condiment pomme de terre, œufs de truite banka et purée de butternut relevée, avec un mâcon-chaintré de Valette 2008 ; une palette de cochon basque grillée, lentilles, avec un beaujolais de Lapalu 2010 ; un boudin noir, polenta et purée de carottes, avec un cairanne de Richaud 2008 ; un riz au lait à la poire, avec un rivesaltes Verdaguer 1982 ; une tarte aux noix du Périgord, avec une liqueur de noix de Laurent Cazottes… Eh ! Si vous trouvez plus dégourdi dans le 9.2, écrivez-nous. Cette Machine (où l’on pousse le respect de l’authenticité jusqu’à bannir le déca) est une vraie fabrique de bien-être. Faites passer ! Mais pas trop… Parce qu’avec seize couverts et trois places au bar, y en aura pas pour tout le monde… Compter 20-30 €, assiettes 4-16 €. Vins au verre 4,50-7 €. Rayon épicerie fine et vins à emporter. // Y.N.
Pour l’adresse, le téléphone et autres infos, voir La Machine à coudes.