
Devant Notre-Dame-de-la-Croix, les flux ménilmontants s’envillageoisent en petite place. La façade blanche de feu La Bouche a pris quelques rides et pas encore d’enseigne. En terrasse, jolies peaux tatouées et bouquets champêtres sirotent le soleil. Et dans la salle parquet clair, zinc, lampes Serge Mouille, lustre en cristal et fenêtres, l’albionique Mickael Greenwold et le transalpique Simone Tondo, deux gangstas minots surentraînés (Rino, Chateaubriand, Gazzetta, Caffè dei Cioppi, Mirazur, Cracco à Milan…) se sont offert un terrain de jeu. Où Erika, impec et tonique, drive clients et bouteilles. Langoustine, pak choï, kumquat, noisette, bouillon pour l’échauffement. Moelle fugace, casserons opalins tombés sur une pulpe d’oignons doux épanouis et traits vifs de l’oseille sauvage, vibrante variation de textures soyeuses entre ivoire et blancheur. Ça calme ! Cochon, oignons nouveaux, pomelos, aubergine brûlée, rattes, aneth : porc enivré de fumées d’aubergine et d’acides suaves du pamplemousse... Constante quiétude des pêches marinées, glace amande, estragon, chocolat et sablé… A peine éclos, Roseval a déjà la patate ! Cave franco-italo naturelle : Terre d’Ombre de l’Anglore dans l’accord mets-vins, sauvignon de Touraine Les Pichiaux de Noella Morantin (25 € la bouteille), langhe nebbiolo Cantina del Pino (38 €)… Menu 40 € (47 € avec fromage), accord mets-vins 65 et 77 €. // M.J.-D.