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Le Paradis sur son 31

– 23 novembre 2010
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Ce n’est pas très gentil, mais on aimerait bien que cette grande salle reste vide toute sa vie. D’abord, parce que ça lui va très bien : à la poésie berlinoise et à la classe américaine qui la caractérisent, s’ajoute la mélancolie d’une zone pavillonnaire du Havre en 1974, bouleversante. Ensuite, parce qu’on peut se demander si le charme opérera toujours après que des jeunes gens très bien habillés, mais plus prévisibles, l’aient transformé en relais-étape sur la route de la Fidélité, de Moune ou du Baron, les autres enseignes du patron Lionel*. Ce que l’on vous conseille, donc, pour bénéficier pleinement de l’effet giflant, c’est d’aller voir en vitesse. Le soir, c’est tapas japonisantes, jolies, fraîches et pas frimeuses : tataki de saumon en aller-retour, servi en tranches, noix de Saint-Jacques à la plancha avec sauce vicieusement piquante au gingembre, rouleau de printemps au fantomatique foie gras (mais à 2 €, on pardonne…), dont la fraîcheur renvoie aux meilleures heures d’Ici Nagano, ville d’origine de la chef Kaori Endo, ex-Rose Bakery. Le midi, ambiance bentos, mais  du jour (13 €), en trois cases : une “protéïne” (dos de lieu noir, salsa de tomate ou tofu teriyaki burger, par exemple), une céréale (là, du quinoa de pois chiche) et un légume (genre salade de radis noir, haki de roquette). Plus, à l’ardoise, des salades, des pizzas briochées, de l’onglet de veau émincé servi sur coquillettes et pois chiches, de la tarte caramelisée aux bananes, ou caramel-café (une tuerie), du cake au thé vert… A la carte, compter environ 20 € le midi et 35 € le soir. Pour la soif: Kirin à 5 €, Chardonnay de la Chevalière Laroche à 27 € (potable) et en prévision d’un afflux de Mounistes et de Baronnets, le litre de Long Island à 45 €.

Grégoire Maurel - Photo : Grégoire Maurel

* ici, sans André

Pour l’adresse, le téléphone et autres infos, voir Nanashi.

Voir le resto : Nanashi