
Logée dans les profondeurs du Marais, une irréductible et fantaisiste boucherie casher-friendly attend les carnassiers avec une formule « Dégustation-debout-au-comptoir-du-maître-artisan-boucher-charcutier ». Ledit maître artisan, monsieur Kalifa, non content de faire mariner sa Maison David dans son jus depuis 1978, a décrété que son comptoir en Plexiglas vaut bien tous les zincs du monde. Notre boucher sert donc désormais dessus, aux hommes de mâle compagnie ses assiettes de protéines. Et quelles protéines ! Un pastrami de veau à manger froid, en pickel (12 €) ou en Reuben sandwich, avec du chou cuit dans la graisse d’oie ; une épique rillette de la même oie ; une langue de Lodz aussi fondante qu’un nocturne de Chopin… Et, au rayon pure bidoche, une entrecôte charolaise de 300 g avec pommes sarladaises (18 €) et un tartare minute, taillé au couteau. Reste que la réponse la plus saignante à la question posée par Jonathan Safran Foer dans son livre, « Faut-il manger des animaux ? » pourrait être de privatiser la boutique en soirée, avec une dizaine de viandards, pour folâtrer au milieu des carcasses, faire un brin de causette avec le maître carcassier et profiter de ses jajas. Car Michel cache dans la cave un passé de négociant en vins. Vous aurez donc le choix, moyennant un droit de bouchon de 7 €, de faire péter une syrah de Galilée (30 €), ou un magnum de lussac-saint-émilion Château Les Vieilles Pierres (59 €). Réservation impérative au déjeuner (minimum entrée + plat) et, pour celles et ceux que la viande n’excite pas plus que ça, saumon gravelax de compète et harengs de la Baltique avec oignons crus (15 €). // L.D.