
FOODING GUIDE 2012 DU MEILLEUR DÉCOR
Premier concept : c’est posé là, sur l’île Seguin où il n’y a plus rien (si l’on excepte au loin le chapiteau blanc du Cirque en Chantier) en attendant le programme de Jean Nouvel qui fera définitivement oublier Renault Billancourt. Un squelette de tubulures supportant une longue salle fonctionnaliste bardée de panneaux d’aggloméré, tables recouvertes de métal anthracite, chaises de CM2, terrassée aux deux bouts, côté Boulogne et côté Meudon, au-dessus des péniches qui passent. Mais cette belle architecture de Pier Schneider et François Wunschel (1024 architecture) n’est que provisoire, puisque dans trois ans, on démonte. Second concept : c’est Arnaud Daguin, le chef d’Hegia à Hasparren et de la saison passée au Café Pleyel, qui anime la cuisine. On n’y mange (presque) que des fruits et des légumes, des herbes, des graines (de fenouil, de sésame sur la table, avec du paprika), en salade (de champignons nappés d’une mousse de queues de champis), rôtis (superbe assiette de navets, carottes, céleris cuits avec leur peau), pochés (pêches avec gelée d’agar-agar)… Commandés par le chef de ses producteurs bio du Sud-Ouest. Trois entrées, trois plats, trois desserts, c’est concis, modeste, cohérent, délicieux. Le vin idem, direct : montlouis pétillant de Jousset, côtes-de-duras La Pie Colette, côtes-du-rhône Poignée de Raisins… (à partir de 18 € la bouteille, 4,50 € le verre). Le repas est à 20-24 €, plus un plat de viande et un plat de poisson à 18 €. En fait, un restaurant comme on les aime. Avec, en plus, une fin (heureuse) annoncée. Belle leçon de légèreté. Une réserve ? Le brunch est un peu houleux le week-end par beau temps. // Y.N.