
Avis à la population du quartier Sainte-Marguerite : leur Sot-l’y-laisse a viré sa cuti… Derrière le passe-plats de ce vieux rade au mobilier bon pour la casse, c’est Eiji Doihara le chef ! Et ça se voit… Sur sa veste blanche, où il arbore le nom de Paul Bocuse au-dessous du sien (en souvenir de ses états de services dans la brasserie du maître à Tokyo), et sur l’ardoise. En entrée : ventrèche de thon mi-cuit (avec verdure croquante, mini-carottes jaunes et rouges de Joël Thiébault plus quelques fleurs pour faire joli) et pistou basilic-wasabi, en concurrence avec un consommé aux huîtres chaudes et légumes d’hiver grillés ou une fricassée de sot-l’y-laisse aux champignons sauvages. Suivent un roulé de raie pochée sur feuilles de chou, sauce au beurre et xérès (voluptueux et monochrome), ou une crépinette de pied de porc au vin rouge, foie gras poêlé et lentilles vertes. En dessert : kaki poché avec gelée de vin blanc et coulis de fruits rouges (un peu moins convaincant) ou blanc-manger au sésame noir, salade de fraises et mousseline de lait… Voilà. On espère que cet extra-troquestre ne rebutera personne, parce que ça vaut la peine de goûter tout ça. Même quand on n’est pas du coin. A noter parmi les bouteilles rangées debout sur des tables, le muscat languedocien de Thierry Navarre, en attendant que les breuvages se rapportent mieux au régalage. Menu 18-24 € (midi), carte 41-53 € (soir). // Y.N.