Le soir, en fille du Sud, Nîmes s’anime et dîne volontiers dans ce passage obligé entre jour et nuit. Caveau hispanisant et contemporain, couleurs cinglantes et œuvres tauromachiques. C’est qu’au-delà d’un charme rouge, on y mange bien. Les petits poulpes ont de la texture, et les artichauts de pays en barigoule qui les accompagnent sont à la température idéale de la salle. Vient un agneau qui tire la larme, jus perlé, presque aussi crémeux à cœur que la polenta qui va avec, tandis que sa croûte de chorizo craquante fait un caramel d’odeurs à mourir, aux arènes ou ailleurs, suivant affinités. Nougat à peine glacé pour finir en odeur de sainteté. Presque pas de vins au verre, mais carte peu ruineuse avec des gentillesses de pays comme ce costières-de-nîmes blanc Château de Campuget Invitation à 21 € ou, pour évoquer un rosé vénéré sous ces climats, le Puech-Berthier du duché d’Uzès à 20 €. Formule 15 € (midi), carte 31-37 €. // P.A.