
En réponse à un abondant courrier nous demandant ce qu’était au juste un « repas gastronomique des Français », nous vous offrons cette adresse, ouverte le lendemain même de l’inscription par l’Unesco dudit concept au patrimoine immatériel de l’humanité. Aux manettes de ce gastroquet gentiment rétrograde avec sa collec de vieilles pubs Suze et Meunier, de vieux casse-noix, et son armoire frigorifique d’époque, Pierre-Olivier Lenormand (six ans de Régalade, un peu de Camelot, de Jamin et de Crillon sur son CV) bistrote sans esbroufe et avec superbe. Saint-jacques marinées, huile d’olive et citron, délicieuses et sensuelles ; poitrine de cochon ibaiona de chez Ospital, posée sur une choucroute de navet vigoureusement poivrée et régalante ; pot de crème au chocolat de Saint-Domingue, certes très plaisant, mais qui ne nous a pas permis de faire le deuil de la dernière île flottante, dérobée et dégustée par nos voisins, qui n’en finissaient plus de la finir en s’épanchant sur les vertus de son caramel… Avant ça, les « sados » avaient déjà piqué le dernier boudin blanc, préparé par le père de Pierre-O, Meilleur Ouvrier de France en charcuterie (ça pose une famille !), installé près d’Orléans. Bouteilles ad hoc : menetou-salon du domaine de Châtenoy (28 €), marcillac du domaine du Cros (19 €), etc. Et, pour un effet « repas gastronomique des Français » garanti, coup de calva 10 ans du père Jules à 10 €. Formule 20-25 € (midi), menu 32 € (soir), carte 35-40 €. // G.M.