Dans son vieux bistrot Art déco couvert de mosaïques d’Isidore Odorico, Christophe Gauchet ressuscite depuis des lustres un mythe flamboyant. Celui de Milord l’Arsouille, dieu de la fête, jamais le dernier à pitancher. Avec pas moins de 6 000 bouteilles et 250 références sur trois millésimes, la cave tient parfaitement le rang. Du chardonnay Clos du Tue-Bœuf (3,80 € le verre, 33 € la bouteille) aux beaujolais d’Yvon Metras, en passant par le morgon de Guy Breton 2004, la légende se lit au fond des verres. La nostalgie d’apparat sert d’écrin à une carte burlesque et racée, qui, du local au bio, réveille les vanités. Entre deux ballons, terrine d’araignée de cochon au cassis, brochettes d’onglet de bœuf aux grenailles et fèves bombardent les admirateurs ameutés. Le crumble abricot, trop sage, sonne comme une contravention après tant d’excès. Formule 15-18,50 € (midi). Compter 30 à 45 € à la carte le soir. Droit de bouchon 7 €. // Y.S.