
Elevé à bonne école (Plazza Athénée, Auberge du Vieux Puits), Kei Kobayashi a décidé de chausser ses grandes pompes pour faire reluire sa mangeoire du Coq-Héron. De la baie vitrée en dentelle de fleurs blanches à la moquette gris perle qui recouvre même les fauteuils Louis XVI, tout baigne dans l'élégance feutrée gastro-républicaine. Le pompon étant ce raide sommelier qui donne la drôle d'impression d’arriver à un rendez-vous à l'Elysée. L'assiette, on s'y attendrait, roule des mécaniques dans une version japonisante épurée du classicisme hexagonal. En vrac d’un menu déjeuner assez dingue en six temps et 45 billets, un formidable shot de jus de shiso glacé, une crème d'amandes, glace et gelée de pomme, un beignet de cèpes au curry, un foie gras très fun, avec compote de mûres et poudre de café craquante, un saint-pierre aux agrumes (cédrat, kumquat, yuzu), crème de poivrons et feuilles d'arbres asiatiques. Et un dessert très compliqué et très régalant aussi : cassis et marrons en glace, crème de matcha, meringue au cassis, éclats de marron confit et émulsion citron. Carte des vins au garde-à-vous : de Pauillac à Meursault en passant par l’Alsace (puissant riesling-grand-cru-schlossberg de Faller à 13 € le verre). Menus 45-75 € (midi) et 95-118 € (soir). // L.D.