
PRIX FOODING GUIDE 2009 DE LA MEILLEURE MAISON HANTÉE
Face à l’ancienne gare, le bâtiment austère ne laisse rien présager de la folie toute douce qui y règne. Délicatement ordonné et meublé, le moins chambré des hôtels de France a le charme des vénérables demeures. Il n’y a pas de patins à chausser en entrant, mais l’intimité des Bouissou, comme offerte à qui n’en veut, impose naturellement le respect. Lucullussien affirmé, Philippe compose à l’inspiration, avec la crème des produits locaux de saison, et chaque menu est une ode à l’art culinaire. Celui du dîner du 7 septembre 2012 doit être lu avec le ton, par vous ou par Sophie, la maîtresse de maison : « L’huître et le petit pois ; l’œuf, les girolles et le parmesan ; le saint-pierre, l’oignon et le concombre ; la blette et la noisette ; le pigeon ; le fromage et le dessert. » Tout est précis, subtil, délicat, juste, exquis, limpide… un émerveillement dès la première mise en bouche. Sans oublier le saint-véran du Domaine Corsin (7 € le verre) ni le saint-joseph du Domaine Coursodon (12 €). Sans effraction, à la seule force du mérite et du talent, ce repas du 7 septembre mit à peine trois heures à entrer dans notre histoire. Menu unique 85 €. Chambres 80 à 130 €. // M.R.