La Ruchotte, un monde en soi : 600 volailles, une centaine de dindes rouges des Ardennes, une vingtaine de moutons solognot, moitié moins de cochons grand gascon, et un Fred Ménager pour élever et passer tout ça à la casserole ! L’ex-cuistot de grandes brigades (Chapel et Gagnaire) ne cuisine que ses bêtes et les produits dégotés chez des fournisseurs aussi implacables que lui (sa cousine pour le fromage de chèvre, Marcel Petite pour le comté et le beurre, Ivan Martynciow et Annie Bertin pour les légumes…). Ce samedi midi-là, assis à la grande table d’hôte entre Michel Couvreur (l’homme des whiskies) et une bande de Suisses, on passe aux choses sérieuses avec une belle tranche de pâté de campagne et une corbeille de pain maison, avant d’enchaîner par un œuf mollet à la lie de chambertin et girolles. Puis un grand poulet barbezieux rôti à la chair moelleuse, vitelottes, coings poêlés et purée de potimarron. Trois morceaux de fromages de chèvre fermier (un frais, un entre-deux, un sec) plus tard, arrive une grosse part de succulente tarte aux pommes… Oui, on se demande encore comment on a fait pour boulotter tout ça. Sûrement parce que c’était trop bon ! Vins radicalement nature, forcément : magique gamay d’Auvergne Vitriol 2009 de Pierre Beauger à 50 €. Menu 35 €. // J.G.