
FOODING DU MEILLEUR BOUILLON GUIDE 2013
A la valise, le vieux Mamane, semoulier depuis dix-huit ans au 25, rue des Diam’s, a préféré la porte à côté. C’est donc au numéro 27 qu’on le trouvera désormais avec ses couscoussières chéries. Sans équipe ni congélo, à la pluche et à la loyale, le dernier père La Joie de la Butte aux Cailles, monsieur Abderrahmane, distille sa bonne graine sept soirs sur sept sous un lit de légumes croquants, mouillés et parfumés, en variation poulet, gigot (12 €), royal (15 €), avec merguez ou sans. La foule joyeuse qui attend son tour sur le trottoir communique bruyamment son amour du travail bien fait aux passants ignorants. D’ailleurs, les murs tagués proclament « qu’on est bien ici », et c’est la vérité, en dépit d’un boucan à réveiller les Maures. Pour noyer le barouf, on se laisse pénétrer par la chaleur communicative de la Cuvée du Président (algérien) ou du brouilly d’André Vonnier (15 € la bouteille). Et on se retrouve, in fine, à faire son miel de bonnes pâtisseries magrébines du P’tit Souk (2 €) pour donner une chance aux « Perdez 4 kg en 10 jours » qui fleurissent dans la presse chaque printemps, arabe ou non. L’addition ? Minuscule. De quoi donner des ailes aux cailles déplumées pour survoler leur Butte avec escales, d’une terrasse de campagne à l’autre. Décollage à gauche en sortant, après le thé à la menthe. Carte 10-15 €. // P.A.