
We’d planned it all the way to this out-of-this-world sandwich stand on the highway to Millau. We’d stuff our face with lamp, or trout, or truffade. And think it worthy of a trip, and of a yearly pilgrimage...
On allait se régaler, c’était couru d’avance. On prendrait l’autoroute et, juste avant le pont de Millau, on tournerait à droite (en venant du nord), et on parquerait sa voiture au milieu des autres, et il ferait beau, et on irait faire la queue devant la vitrine de ce restoroute pas vraiment comme les autres, et on verrait les Capucins glisser encore tout frais de pâte de sarrasin dans la machine, pour en ressortir tout saisis comme par magie, et on choisirait sa garniture, et on aurait du mal à la choisir tellement tout aurait l’air bon, alors on en prendrait plusieurs, trop même, celui au bœuf d’Aubrac avec truffade, celui à l’agneau du Larzac avec boulgour, celui au chou farci, celui à la truite fumée, celui au roquefort et à la confiture d’abricot, on les emporterait en terrasse et on mordrait dedans, et on se dirait quel régal, quel homme ce Michel Bras, et quelle famille ! On y retournerait comme on retourne en pèlerinage. Et la chronique serait déjà écrite. Et il n’y aurait plus qu’à ne pas oublier la note de frais pour se faire rembourser du peu : de 3 à 9,50 € le Capucin ; limonade au sureau, 2,50 €, café : 1,30 €. // J.B.

|