
Hotel-restaurant with a vision, trancelike design but the food is for real: straightforward great products perfectly cooked and served. Double room starts at 90 € (daydream breakfast 20 €)...
Chez les Bouissou, il faut manger, ET coucher ! Derrière la façade austère de leur hôtel-restaurant sans enseigne, situé en face d’un routier et d’une gare désaffectée, se cache un lieu habité de la tête aux pieds. Hanté, diraient certains… Il faut voir les murs noirs, le mobilier sur mesure, qui rappelle le design scandinave avec du bois ardéchois, les plumes au plafond des toilettes, le mannequin poupée à l’entresol… À 20 heures pétantes, il est temps de quitter sa chambre et de descendre s’attabler dans la grande salle au milieu des sculptures ou, mieux, dans la petite en bordure de cuisine, en fonction du monde qu’il y a (ou qu’il y a peu). Une tripotée d’ouvrages spécialisés (Chapel, Girardet, Guérard) sur un mur, les éléments d’une cuisinière d’époque plaqués sur un autre. On entend les poêles crépiter, on voit le cuisinier cuisiner, on sent les odeurs odoriférer. Chez Philippe Bouissou, les choses ont le goût de l’intitulé : foie gras poêlé et poire rôtie ; saint-pierre cru en tranches sur des raviolis d’artichaut, betterave et oignon juste cuits, entre confit et craquant ; poêlée de girolles rehaussées d’une crème de safran, saupoudrées d’amandes fraîches et entières (là-dessus, un verre de pouilly-fuissé 2006 Domaine Corsin à 12 €). Mais ça ne s’arrête pas là : picodon de Saint-Agrève comme on n’en fait plus, mille-feuille framboises fraîches et crème de marron. S’ensuivent une nuit et un petit déjeuner de rêve avec, parmi pléthore de merveilles, une vraie brioche dorée, un caillé de vache de Tence doux comme les prés, un croque au comté et à la saucisse, et une tarte feuilletée aux agrumes qu’on dévore avec les yeux plus gros que le ventre. Menu unique à 75 €, chambre à partir de 90 €, « petit » déjeuner à 20 €. // F.L.

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