
Une terrasse en couleurs et un Bang ! qui claque sur l’auvent, voilà le bistrot dont on cause dans le quartier. Avec un dispositif vedette, la paraillade, une pierre de lave chauffée à mort sur laquelle chacun fait griller sa barbaque (19-20 €), suprêmes de poulet de Loire, magret de canard du Tarn, filet mignon de porc de l’Aveyron, et surtout un quatuor d’émincés de bœuf : black angus du Kansas, Aubrac, Ecosse, Argentine, servis avec des sauces pas indispensables (tartare endormie, BBQ et chimichurri claironnantes) et d’impeccables frites maison. Pour ceux qui ne seraient pas nés dans une boucherie, rien ne ressemble plus à un bout de bœuf qu’un autre bout de bœuf. C’est pourquoi il convient d’interviewer brièvement Mme Imina sur la nature du morceau avant qu’elle retourne à d’autres activités, car cette femme est très prise, seule dans sa salle débordant de carnassiers. La viande est goûtue (on peut même l’essayer crue), choisie chez Hugo Desnoyer ou aux Boucheries nivernaises selon la provenance, et judicieusement accompagnable d’un verre, d’un pichet ou d’une bouteille de rouge nature – minervois de Poudou (4 € le verre), rhône Cuvée des Galets des Vignerons d'Estézargues (4 €), givry 1er cru de Thénard (7 €), sélectionnés au Vin en tête ou à la Contre-Etiquette. Voilà pour l’expérience. En revanche, nous nous permettrons de conseiller à François Di Giugno, le chef-patron, d’alléger sa carte des 110 propositions qui l’alourdissent, type encornets, saumon laqué, involtini de veau, civet de cerf, semainier, etc. Et d’inviter ses clients à rester concentrés sur les « Viandes du monde et vins naturels » qu’annonce l’enseigne. Menus 22-27 €, brunch 20 € (dimanche). // Y.N.