FOODING : FOOD + FEELING

«Paris, February 2001 : Fooding is the buzzword of the moment here. Merging the English words food and feeling into a French noun, it was coined in '99 by Alexandre Cammas in the hip Parisian magazine Nova. And ever since, le Fooding has been on every Paris gastronome's lips as well as on food-oriented pages from Elle to the Air France in-flight magazine. At the end of last year, le Figaroscope, the weekly entertainment section of the daily Le Figaro, wrote, "le Fooding has become a movement and might well turn into a phenomenon, stirring the consciences of gastronomic critics. Behind its trendy sounding name, le Fooding seeks to give witness to the modernity and new reality of drinking and eating» *

So what is le Fooding ?

Les pistes ont été tellement brouillées au départ, quand on cherchait à caricaturer le Fooding pour en faire un courant d'air, qu'il nous semble encore utile de reformuler la définition en partant d'un mot que tout le monde semble comprendre : gastronomie.
Dans gastronomie, il y a "nomie" qui vient du grec nomein, un verbe qui signifie : "administrer, réglementer". Autrement dit, la réglementation, l'administration du goût, de la cuisine… Et par conséquent, l'administration, la réglementation d'un plaisir !
Au Bureau du Fooding, nous pensons que le plaisir n'est pas réglementable, qu'il ne peut être administré de manière péremptoire. Au verbe nomein, nous préférons le mot ou plutôt la dimension de "feeling", plus libertaire et libérée, plus ouverte, plus large d'esprit, faisant une part plus belle aux hasards, aux envies, aux désirs, à l'instant, à l'âme d'un chef, à l'humeur du jour, à la sincérité des audaces. Fooding donc : Food + Feeling. Voilà, c'est tout simplement, tout bêtement ça, la "gastronomie alternative" (Jean-Claude Ribaut, Le Monde, dimanche 7 décembre 2003.)

Où court le Bureau du Fooding ?

Le Bureau du Fooding ne court pas après, mais avec l'époque. Tout l'intéresse, pourvu qu'il puisse l'accompagner et la stimuler. L'édition, les événements, la presse, la création...
Il faut être clair : à part les triple étoilés Michelin, les scandales alimentaires et les foires aux vins, la bouffe décroche rarement la une ! Et si elle la décroche c'est malheureusement en se posant les mauvaises questions. Où mange-ton le mieux : en Espagne ou en France ? Jean-François Piège mérite-t-il une troisième étoile ? Faut-il dénoncer la cuisine fusion ?... Bon appétit ! Avec ça, sûr que les écoles hôtelières vont faire le plein de vocations… Où sont l'envie, le désir, la passion ? Notations, triple toques et 20/20, bonjour l'angoisse ! Comment se fait-il que les jeunes rêvent de devenir designers, chanteurs, danseurs, comédiens, écrivains, journalistes et quasiment jamais cuisiniers-restaurateurs ?
L'école hôtelière manquerait-elle de sexe appeal ?
Les livres sont-ils tous écrits par les mêmes auteurs ? Faut-il que tous les salons gourmands soient enfermés et sentent la climatisation ? Pourquoi les très bons restaurants sont-ils souvent très laids ? Pourquoi les très beaux restaurants sont-ils souvent très mauvais ?
Le Bureau du Fooding va donc mettre les pieds dans le plat. Tout mettre en œuvre pour "glamouriser" et rendre la cuisine plus sexy. Donner envie ! La faire entrer dans son siècle ! Eveiller la curiosité à son égard ! Décomplexer, ne jamais éduquer. Ou, quitte à le faire, éduquer en apprenant qu'on peut, qu'on doit (!) jouer avec la nourriture.
Mais attention, on ne devance pas l'époque en inventant des pommes de terre carrées... On la devance en analysant, critiquant, distinguant l'arrière-garde et/de l'avant-garde. On construit nos réflexions sur le réel, le concret. Il ne s'agit pas de vues de l'esprit. Vive le sens !

* Jacqueline Friedrich, The Wall Street Journal


 
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