
Sincèrement jusqu’avant-hier, personne n’aurait eu l’idée d’aller croiser les couverts chez Drouant, ses rideaux blindés, sa moquette amidonnée et sa cuisine faisandée. Table fétiche des Goncourt, de la littérature François Nourissier et de la gastronomie Henri Troyat (ou l’inverse), l’adresse popotait dans la paresse des habitudes. La voilà reprise, relookée, réactivée par Antoine Westermann, cador culinaire d’entre Strasbourg (Buerehiesel) et Paris (Mon Vieil Ami). Exit l’allure ” imparfait du subjonctif “, place à une table joliment inscrite dans le présent de l’incitatif : manières ludiques et saveurs éclectiques autour d’une cuisine désormais plus joueuse, servie en salle ou au bar, le temps d’un plat ou de trois. Une cuisine comme il vous plait, néo-chic, décomposée à mi-chemin du tapas mondain et de la dînette. Misez à fond sur les hors d’oeuvres déclinés par thème et mini-portions (salade de boeuf à la thaï, tartelette à l’italienne, sots-l’y- laisse à l’orientale et piquillos à la mexicaine pour les ” orientaux “, poireaux vinaigrette, lapin en gelée, terrine canard-foie gras et oeuf mayo pour les ” classiques “), tâtez des journaliers (du lundi-paleron au dimanche-canard de Barbarie) et priez pour qu’en novembre prochain, le prix Goncourt ait (enfin) le goût de 2006. Comptez de 40 à 90 €.
Emmanuel Rubin - photo Rik Bas Backer
Drouant, 18 rue Gaillon, 75002 Paris, T : 01 42 65 15 16