
Sobrement signée « La Buvette » d’un looping de néon en vitrine, la petite affaire se présente bien : une ancienne crémerie enfaïencée, un comptoir 1930 en chêne plus deux ou trois tables. Avec ses assiettes fleuries et ses couverts de ménagère Front populaire, on pouvait s’attendre à ce que la taulière se surnommât Mémaine et qu’elle y servît des ballons d’un inavouable rouquin… Au lieu de quoi paraît Camille, la vingtaine à lunettes, fraîche mais bien rodée (Le Café Noir, Mama Shelter, Le Dauphin…). Dans sa buvette, on tient à quinze collés-serrés. Alors, sans trop remuer, on intériorise le plaisir d’y déguster du « sec » d’Aubrac avec du beurre Bordier au sel fumé (à étaler sur une tranche de gros pain de Stéphane Vandermeersch), des sardinillas de Galice, des olives de Lucques, de gros haricots blancs saupoudrés de zestes de bergamote, du foie gras de canard et piments confits, du magret séché avec beurre à la vanille, de la fourme d’Ambert, des conserves de champignons préparées par maman, de la ricotta à la confiture de coing maison et huile de noisette… Toutes ces gourmandises soutenant allégrement une cave 100 % feeling : anjou de Mosse, loire de Bain, côtes-du-rhône de Gramenon, syrah du Maroc Tandem de Graillot, sologne de Courtois, bordeaux de Valette, bières de la brasserie de la Goutte d’Or à Paris, et même de la limonade (La Beauceronne). Nourritures de 2 à 12 € la portion, verres de vin autour de 5 €, droit de bouchon 8 €.
Yves Nespoulous - Photo : D.R.
Pour l’adresse, le téléphone et autres infos, voir La Buvette.