
Les vendeurs d’Hartford Homme, le bedeau de la basilique Notre-Dame-des-Victoires, les secrétaires de la mairie du 2e, les touristes assoiffés, les victimes de la mode, le plongeur de Chez Georges, les coiffeurs de David Mallett, les fumeurs, ça vous faisait déjà une jolie clientèle… Lionel a donc pris les mêmes et recommencé. Autrement. Avec les clopes en moins (la carotte a résisté à l’extérieur mais pas les cartouches à l’intérieur : plus que trois boîtes de Cohiba à vendre…), et quelques ripaillardises en plus. En conséquence de quoi, ce troquet de rêve vient de passer de la catégorie bar-tabac-croque-madame-tiens-Lulu-tu-me-remets-une-pression à la catégorie bar-d’époque-tartine-Poilâne-tiens-Lionel-tu-me-remets-un-ballon-de-Gramenon. Humez la nuance ! Toujours dans le même jus de chique, intouché, immuablement comptoir, miroirs, percolateur et cuisine placard. Mais en plus aveyronnais et plus alléchant : sandwichs au pain de chez Julien, charcute Ospital et vieux cantal (4-7 €), croque-monsieur au jambon ibaïona avec chips artisanales de l’Aveyron (10 €), copieux burger et frites (avec un cornichon et du ketchup, ce serait parfait, merci, 14 €), assiette de légumes de saison poêlés avec chorizo et jambon (12 €), omelette aux œufs bio, saint-nectaire fermier, New York cheesecake et tarte aux myrtilles… De la bonne dînette en attendant l’installation d’une vraie cuisine-labo. Et par là-dessus ? Des bulles (un spritz à l’Aperol et à 7 €), du blanc (aligoté De Moor, cheverny Villemade), du rouge (côtes-du-rhône Bastide des Galets, Richaud) de 3,50 à 6 € le verre. « Et c’est qui le patron maintenant ? » demande la concierge du 39, rue du Mail. C’est Lionel Favario, le mari à Dorothée Dereux (dans le léopard sur la photo), le père de Balthazar (dans les bras du Léopard…), ami par alliance de Jean-Louis Costes, du groupe Costes. D’où, sans doute, le petit chocolat Costes servi provisoirement avec le café.
Yves Nespoulous - Photo : Carrie Salomon
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