
Le Pizzalogue, volume IV. Où, après les pizzas à la coupe d’Al Taglio, les pizzas aussi chères que bonnes de la bien-nommée Pizza Chic, les garnitures gentiment frappadingues de Pink Flamingo, on se demande s’il est possible de gastronomiser la pizza. Enfin, quand on dit « on », c’est plutôt Tahar qui se pose la question. Un type qui aime bien taquiner la pizzaïolerie dans les concours internationaux, et à qui on doit déjà une cahute dans le 17e, rue des Dames, à l’enseigne très ADSL d’Alice Pizza. En investissant la coulisse des Abbesses, pour son premier « vrai » restaurant, Tahar ne s’est pas cassé la tête : même nom, mêmes pâtons faits maison, mêmes recettes — pourquoi changer une équipe qui gagne ? On retrouve donc les joies de la prise de tête au moment de feuilleter la looongue liste de pizzas classées par base (huile d’olive, tomate, crème), on se souvient que la dernière fois, on a fait la foccacia au romarin et mortadelle, la bresaola, et que c’était bien sympa. Et on finit par décider de faire l’impasse sur la magret aux lardons fumés et crème de champignons pour essayer, enfin, la pizza dite du chef. Accrochez-vous : sur une pâte bien crunchy, une base de gorgonzola détendu au mascarpone, plein de gros copeaux de parmesan qui crissent sous la dent, une forêt de roquette et quelques gouttes de… sirop balsamique-framboise. Alors ? Délicieusement inattendue ? Curieuse ? Déroutante ? Moins évidente, dirons-nous, qu’une Enzo toute simple, quoiqu’enseignée au taulier par un ancien champion du monde de la pizza installé à Parme. Qui sait encore mieux que nous, qu’on n’a pas forcément besoin de plus qu’une vraie concassée de tomates marinées, d’un rien de mozza di buffala et de basilic, pour se faire plaisir et y aller de son
« wouh houh », comme dans la pub Alice... Pizzas de 11 à 22€, bière Nastro Azzuro à 5€, décor gris sans doute coûteux mais hautement insignifiant.
Sébastien Demorand
Pour l'adresse, le téléphone et autres infos, voir Alice Pizza.

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