"LE ROI PELÉ NOUS A DRIBBLÉS"

La première fois qu’on a dîné à la Bigarrade, on est sorti déçu. C’était en janvier, le restaurant était tout frais, tout neuf, tout plein de la bonne volonté exacerbée, et finalement exaspérante, des débuts. On y est retourné la semaine dernière, encouragé par une bande d’irréductibles bigarradophiles. N’ont pas bougé : le service, toujours aussi crispé ; les prix, toujours aussi épatants (35 € la mise en bouche, les deux entrées, le plat et le dessert !). Seule l’assiette a vraiment changé : plus nette, moins chichiteuse, brillante à tous les coups. Mention spéciale pour la focaccia toute chaude à tremper et retremper sans scrupules dans l’huile d’olive. Maladie d’amour carabinée pour le carpaccio de veau, mariné dans une sauce soja citron vert, superbement paré de radis, de fleurs de coriandre, de poutargue et d’algue kombu. Coup de cœur tout vert pour la lotte rôtie aux févettes, pousses de petits pois et épine-vinette, d’autant plus appréciée qu’on avait pu suivre toutes les étapes de sa préparation. De la lotte enfournée au dressage religieux, en passant par le juron lâché par Christophe Pelé (quand la chair trop frêle se brisa entre le four et l’assiette), rarement cuisine ouverte avait été aussi « spectacle ». Menus à 35 et 45 €. À la carte des vins, une cinquantaine de références. Pomerol Château Fleur de Clinet 1999 à 89 €. Saumur Champigny Clos Cristal 2006 à 26 €.

Chloé Aeberhardt

Pour l'adresse, le téléphone et autres infos, voir La Bigarrade.


 
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