
Chaintré, un soir d'hiver, c’est comme un film de Chabrol, ça peut vite basculer. Surtout si vous démarrez les festivités à Chasselas par deux trois verres de Beaujolais signé Jambon et que vous concluez un peu plus haut sur la colline, chez une Suédoise baba installée face à la Roche de Solutré. Entre les deux, le pic de la soirée, en compagnie de quatre gourmets d’Osaka toqués de vins nature. La Table de Chaintré donc, restaurant de village gastronomique qui ne roule pas des mécaniques. Longtemps orchestré par Gérard Alonzo, restaurateur culte parti à Sorgues* avec sa femme Josette, le voici dirigé par le jeune et talentueux Sébastien Grospellier, épaulé en salle par la timide Floriane. On n’a pas connu Gérard et ses 12 000 nectars, ni Josette qui faisait, dit-on, corps avec la salle… On a seulement entendu dire que c’était devenu depuis, "peut-être, encore meilleur qu’avant…" Et c’est vrai qu’on s’est régalé avec le menu "surprise"", truffé comme rarement. De la "Tuber" de Richerenches, il y en avait partout : sur et sous l’œuf cocotte, dans les noix de St-Jacques, dans la purée… Tiens, pas sur le pressé de foie gras de canard et navet confit ? Dans les verres, le Mâcon-Chaintré vieilles vignes de chez Valette (évidemment !) a laissé pantois le quartet d’Osaka. Et sinon ? Une volaille de Bresse servie avec le respect qu’on lui doit, quelques fromages soigneusement affinés et une crème brûlée à la menthe, comment dire... marquante ? De la technique, des saveurs, mais pour se marrer, faudra repasser ! Menu unique à 50 €.
François Lemarié - illustration : Constantin de la Borde
*Il a repris depuis janvier dernier l’ancien Davico sur la place de l’hôtel de ville. Restaurant Gérard Alonzo, 12 rue du 19 mars 1962. T:
04 90 39 11 02.
Pour l'adresse, le téléphone et autres infos, voir la Table de Chaintré.

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