L'histoire se passe à Bruxelles. Ce pourrait être une bonne blague, du genre pince-mi pince-moi, sauf qu’en fait ce n'est pas une blague. C'est beaucoup mieux. Alors, voilà : originaire de Casablanca, Jihad ouvre un resto maroc'n'roll dans une ancienne station-service des années 60, au bord des étangs d'Ixelles. Il fait appel à quelques potes pour donner du relief à ce lieu assez réfractaire aux tentatives d'aménagement. Les copains, qui s'appellent Eric et François, lui dessinent une super belle cuisine, en prise directe sur la salle, toute mosaïquée de bleu. A l'intérieur, c'est lumineux, mieux qu'une télé dans un salon. Reste à faire vivre tout ça. Comme Jihad connaît Abdel, il pense tout de suite à lui. Bien sûr, Abdel qui vient de Tanger a l'habitude des tajines et des couscous qu'il préparait pour La Kasbah, adresse en vue du downtown bruxellois. Mais Jihad ne s'arrête pas là. Sa belle cuisine, il la voit plus large, il veut lui donner des contours méditerranéens. Il a entendu parler de Yael, une jeune chef de 24 ans prête à quitter le nord d'Israël pour voir le monde. Bon sang ne saurait mentir qui ne fait qu'un tour : il prend l'avion et la convainc de cuisiner à quatre mains. Pas un truc qui se la pète, non, mais des petites portions pleines de soleil qui rappellent la générosité des tables orientales. Matboukha, houmous, caviar d'aubergines ou tehina… peu importe comment on appelle ces petits riens du partage que l'on trouve de part et d'autre de deux cultures qui ont tant en commun. Du coup, le nom tombe comme une évidence : Kif Kif. 50-50. "Jihad et Yael sont dans un resto. Et personne tombe à l’eau."
Michel Verlinden - photo : M.V
Kif Kif Café, 1 square de Biarritz, 1050 Bruxelles, T : +32 (0)2 644 18 10.