"LE VENT DU NORD INFILTRE LE GHETTO"

La presse aime les ritournelles. Et pas seulement celle de Sébastien Tellier. Par exemple : elle adore quand Marc Veyrat  annonce pour la énième fois son arrivée dans la capitale. Elle se pourlèche lorsque Hélène Darroze ouvre encore un nouveau concept au rez-de-chaussée de sa grande maison. Et elle joue toujours l’impatiente lorsque Ghislaine Arabian, la chef la plus blonde du monde, revient à Paris (tous les deux-trois ans) pour y rouvrir quelque chose, à l’enseigne d’autre chose. Après le Pavillon Ledoyen sur les Champs, après "Ghislaine Arabian" avenue Bugeaud, après autant d’arrivées en fanfare et de départs forcés, la voici donc annoncée derrière la rue Daguerre, en plein Quatorze populaire, comme cuisinière des Petites sorcières. Et, même si son nom figure en bonne place sur le store du bistrot, on devine bien chez la dame un appétit nouveau pour plus de discrétion.  Ainsi, comme à la sauvette, entre Noël et le Nouvel An, Ghislaine Arabian a-t-elle remis le couvert et apporté avec elle toutes ses recettes de bonne fille du Nord. Franchement, ça fait du bien cette échappée flamande, ce vent du Nord poussant dans le dos d’une adresse toute claire, où la bière de garde arrose le cabillaud, les crevettes grises deviennent croquettes (un délice), le poireau se fait flamiche à la crème de ciboulette, les pommes de terre ont la vraie frite, et les saint jacques assurent, même en nage. Dommage que les desserts n’aient pas grand chose à raconter. Pas grave, le reste était presque parfait, juste un poil surtaxé et donc souvent plus cher que chez les voisins basquo-bistronomiques qui ceinturent le Sud-Ouest parisien. Plats entre 20 et 24 €. Le prix à payer pour sortir du ghetto ?
Pour l'adresse, le téléphone et autres infos, voir Les Petites Sorcières.

Elvira Masson & Alexandre Cammas - illustration : carte MeteoFrance


 
Guide Restaurants Paris France