Allons-y sans détour : ça faisait longtemps qu’on n’avait pas pris autant de plaisir. Le départ de l’action est classique : Julien Duboué, basque, 26 ans, formé par Dutournier au Carré des Feuillants, passé par Drouant, Le George V, avant de rejoindre Daniel Boulud à New York, s’installe dans un XVe pas riant mais bel et bien palpitant (Le Troquet, La Cave de l’Os à Moelle, Le Grand Pan, Le Cristal de Sel…). Pour la rentrée, il nous fait cadeau du bistrot le plus régalant du moment, Afaria, soit "souper" en basque dans le texte. D’emblée, Céline, sa moitié, rencontrée au George V, reçoit, s’active, vive et enthousiaste. On jette un coup d’œil aux vins inscrits sur le miroir, du txaxoli, de l'irouléguy, c’est un peu court mais assez précis. Quand soudain arrive un boudin aux pommes (photo) monté comme un millefeuille, un napolitain plutôt, dense, encroûté de moutarde, limite acide pour que jamais le palais ne s’affaisse. Une entrée débordante d’envie et de talent, ronde et vive. Comme le poisson cru à la tahitienne, coriandrisé, gingembrisé, croquant, préparant soigneusement le terrain pour ses suivantes : une brandade mousseuse, ventrèche et chorizo, une daurade et spaghettis cuits façon paëlla ou une échine de cochon à partager sans manières… Une seule obligation : prendre la tourtière aux pommes, caramel, glace pruneaux armagnac. Un dessert excitant qui roule sur la langue, fond, émeut et permet d'éviter, dans le même temps, une fondue au chocolat bien trop gadget. Menu à 27 € (entrée, plat, dessert) et 19 € (entrée-plat ou plat-dessert). Pour l'adresse, le téléphone et autres infos, voir Afaria.