"PILE COCHONS, FACE FLACONS"

Il y a les adresses cachées à la lisière et celles qui s’affichent en plein centre, comme la Cantina di l’Orriù, une cave à manger pas franchement nouvelle, juste canon. Chez les Andreani, l’une des fratries de Porto Vecch’, on ne rigole pas avec les produits corses, qu’ils soient porcs ou brebis, à emporter ou à consommer sur place. "C’est qu’en réalité, expliquent Jean-Louis et Danièle, 90% des soit-disant charcuteries corses sont charcutées à Aubagne avec du sanglier de Yougoslavie et des ânes du Pérou !" Rien à voir avec leurs saucissons qui sentent si bon, leurs jambons qui pendent au plafond et leurs joues de porc (une terrible découverte !) incroyablement fondantes. Depuis 1979, ce couple infernal répète inlassablement le même discours sur l’authenticité du porc "u nustrale" et des fromages au lait cru, pendant que dans la pièce d’à côté, derrière son zinc d’époque, leur fille Delia sert les victuailles avec les meilleurs vins de la région. Pour nous ce furent des joues et du lonzu (filet) avec le Patrimonio rouge d’Antoine Arena, cuvée Carco, et le Costa Rossa de Daniel Canarelli. Suivis des fromages de brebis de Jean-José Marcellesi et du Clos Sarcone de Jean Ferraci, dont le vignoble domine l’aéroport de Figari. L’addition ? Aussi antalgique que le repas : comptez 20-30 €, envolées de Mai Pesce comprises.
Pour l'adresse, le téléphone et autres infos, voir La Cantina di l'Orriu.

François Lemarié - photo : Jean Harixçalde


 
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