A trois heures de route au nord d'Athènes, direction Thessalonique, une presqu'île découpée, le Pélion, étonnamment verte et montagneuse (en hiver on y skie à 1500m d'altitude). C'est là que les dieux de l'Olympe passaient leurs vacances. À la toute pointe de la péninsule, après mille lacets et vingt criques magiques, Agios Kiriaki, dernier port avant la mer Egée. Pas d'hôtel, on a fait la route seulement pour aller jusqu'au bout. Dix maisons, deux grand-mères en robe noire, cinq bateaux, trois bikers en slip, plus nous. Et sous le soleil plombant de l'été, Manolas, qui évide des rougets au bout de la jetée, à côté du chat envieux qui guette ce qui tombe de ses mains dans le seau bleu assorti aux chaises de la taverna. Les poulpes pendent de la poutrelle en bois, sous la tonnelle, attendant qu'on leur fasse un sort. On les demande grillés. Comme on n'en peut plus, on plonge dans l'eau transparente du port. Puis on se rassied sans même prendre le temps de sécher, puisque le poulpe est déjà servi. Avec des tomates qui ont du goût, une montagne de calamars frits, une Mythos (la bière grecque) bien fraîche, et le Mont Olympe plus si loin.
Elvira Masson
O Manolas, à Agios Kiriaki, T : 00 30 24 23 09 13 11.