Le Pavillon Puebla, pendant presque vingt ans, ça a été le resto catalano-sud-ouest du pavillon Napoléon III dans le parc des Buttes-Chaumont. Très couru, puis un peu oublié et enfin carrément fermé, il vient d’être repris par Vincent. Mais oui, vous savez, Vincent ! Celui de Chez Vincent, la cantina italienne qui nous faisait déjà aimer le XIXe arrondissement ! Changement de décor donc, avec en guise de mise en ambiance, un petit salon cocotte façon Claude Dalle. Où on trinque au nero d’avola tout en dissertant sur l’intention créative du designer de la série de chaises en plastique tressé qui costarde la salle. Avant de s’asseoir sur l’une d’entre elles et de lire la carte, faite du même plastique, mais moins chic parce que pas tressé. Et là, on ne sait plus trop s’il faut avoir faim ou… peur. Peur des formules (de A à H, façon banquet) souvent pour deux, avec beaucoup trop de lignes à lire. Peur, encore, des colonnes doriques, les mêmes qu’au Bistrot Romain… Mais heureusement il y a Vincent, qui s’agite, là-bas, derrière sa vitrine à antipasti. Il faut le voir, "il signor", triturer sa roquette, effeuiller le basilic, détailler la mozza, faire gicler ses citrons, quitter sa vitrine pour bicher les dames ou rudoyer les messieurs. Et la cucina dans tout ça ? Toute en decrescendo… Super vivace au début du repas, avec une parfaite salade de haricots cannelleni, roquette et tomates. Italiennement correcte ensuite avec une mini-pizza croustillante au pesto et champi, un vitello tonnato et des pâtes à la diavola (saucisse, tomate, fenouil). Complètement amorphe pour finir, à cause d’un tiramisu vraiment trop mou du genou. Mais quelle importance quand le pianiste maison vous demande en croonant : « Are you lonesome tonight ? » Et que la réponse est non...
Elvira Masson - photo : E.M
Formule H "carpaccio et pasta" à 40 €, c’est pratique parce qu’on peut remplacer le carpaccio par le vitello tonnato. Pour l'adresse, le téléphone et autres infos, voir Pavillon Puebla.