Marseille au hasard, Marseille boulevard, Marseille au brouillard d'un pile-face. Recto, la Méditerranée comme un appel. Verso, une façade comme un au-revoir : Les Akolytes ! Avec un K parce qu'Acolytes avec un C, vous comprenez, ça ne sonnerait pas franchement funKy (avec un k). Va donc pour les Akolytes avec un k comme pour faire mode, pour alerter des intentions tendances, pour préparer aux murs oranges, aux sièges plastocs, aux allures post-cantine et au service bobo-cool. Au premier contact, rien de bien méchant, rien de très grave. On se dit juste que l'air du temps souffle sa brise du côté du Vieux Port. Et puis soudain l'ardoise toute blanchie de tapas. Et puis surtout, des tapas pas comme d'hab', des tapas pas cagoles, pas blondasses, pas pétasses. Des tapas comme rarement : épatants, troussés en tempérament, par Jérémy Julien et Xavier Chalmin, lâchant des moules fiévreuses de safran, des calamars joliment affolés au curry rouge, des supions alanguis en compote d'oignons-carottes, une réduction de tajine modulant l'épice, un risotto aux raisins secs comme un flirt entre deux grains, une mousse chocolat en vision de toffee liquide, une tartelette citron comme un beurre d'agrume. A l'instant de la dernière bouchée, on comprend alors qu'il est finalement ici moins question de tapas que d'un étonnant repas passe-passe où l'envie du jour ne bégaye pas celle de la veille et ne présage pas de celle du lendemain. Une cuisine qui ressemblerait un peu à la Méditerranée, là, derrière les portes vitrées. Jamais la même et pourtant, dans son talent, toujours recommencée. Env. 20-30 € le repas. Pour l'adresse, le téléphone et autres infos, voir Les Akolytes.