Dans une petite rue du Xe, à deux pas de chez Ploum et de Maria Luisa, à l’enseigne d’Urbane, une fenêtre bleue révèle une salle aux murs presque chaulés, des tables nappées de kraft, et un duo impeccable, composé d’une Irlandaise, Audrey, et de son Frenchie attitré, Olivier. En salle, Audrey parle de Gwendal, un ami breton qui, en plus de mixer les soirs de monde, a eu la bonne idée d’égayer la déco qu’elle aurait eu tendance, elle, à surjohnpawsoniser… Elle raconte aussi qu’elle va organiser des lectures, des rencontres avec des artistes, tout ça. Olivier, lui, derrière le hublot de sa cuisine, n'a pas besoin de causer. Ses plats parlent pour lui. A commencer par ses spuds (pommes de terre, en V.O Irish), cuites exclusivement au four, sans une goutte d’eau, écrasées à la fourchette en mash ultra-jouissif pour accompagner un thon rouge aller-retour parfait. Extra bonnes aussi, ses queues de gambas en tempura et raifort, et ses bonbons en pâte filo, farcis de frangipane et de pruneaux, servis avec une glace au pain d’épices au goût de colle Cléopâtre… Tout ça, au dîner, pour 29 € (entrée, plat et dessert compris). Parce qu’au déjeuner, le lendemain, mirage ! Sur l’ardoise, un banoffie pie était annoncé à la craie. Banoffie ? Banana + toffee ! Avec « pie » ça donne donc : une pâte sablée très très riche en beurre + de la banane + du toffee (soit du beurre, de la crème et du sucre !). Un dessert vraiment too much, aussi criminel qu’un sticky toffee pudding, mais un dessert, avouons-le, pour lequel on croise les doigts très fort, en Angleterre, à chaque fois qu’on s’apprête à franchir le seuil d’un néopub. Un dessert typique de sunday lunch bruineux. Désormais disponible ici, maintenant, en France. A signaler, mais pas testé, le brunch à 16 € (feat. baked beans on toast, blood pudding de Clonakilty, Irish sausages, chutney de Ballymaloe, œufs, bacon, champi, etc.). Pour l'adresse, le téléphone et autres infos, voir Urbane.