Le désert vert écrasé par un ciel bleu. Quatre voitures dépareillées, mal garées sur une route de basse-montagne. Une cour de ferme balayée par des vents bouseux. Un jean tout mouillé qui flotte plein sud à une fenêtre. Et, vous qui frappez à la porte, entrez, dites timidement "bonjour" à la grande tablée d’ouvriers assise devant lou cantou (certes, personne répond, mais ça ne mord pas non plus…), et finissez par suivre un monsieur plus parlant que les autres dans une seconde salle à manger, investie par une famille nombreuse. Pas de feu dans la cheminée, mais sur la table, du vin de par-là, un broc d’eau, du pain tranché et une soupière, pleine de légumes non passés. Après une première louchée, en principe, tout le monde se relouche, mais tout le monde a tort ! Car, déjà, arrivent les charcuteries maison : saucisse sèche, pâté de campagne, pâté de tête... Puis vient le tour des farçous, de délicieux petits beignets de vert, en forme de hasards frits, servis ici avec une gelée maison (elle est terrible !) de groseilles. Puis celui du sublime magret de canard rôti, soigneusement tranché dans le rosé, nappé de crème à la moutarde ancienne. Puis celui du plateau de fromages régionaux : laguiole, roquefort… Et pour finir, celui de la tarte aux mirabelles. Un peu en deçà (pâte un peu rustre, pas assez cuite), elle n’est finalement là que pour vous rappeler que le menu complet n’est qu’à 16 € (10 € pour les enfants). Aussi, ne serait-ce que par solidarité, commandez des cafés (1 €), et faites tourner l’adresse de ce "café-restaurant" comme il en poussait dans chaque ferme du temps des foires de proximité. Réservation indispensable. Pour l'adresse, le téléphone et autres infos, voir Café-restaurant Jean-Claude Delbouis